dimanche 4 septembre 2016
Aimé Césaire. Laetitia Rié
« Je suis un homme, un Martiniquais, un homme de couleur, un nègre, l'homme d'un pays, l'homme d'une géographie, l'homme d'une histoire, l'homme d'un combat ».
Né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe, il est un descendant d'esclave, comme la majorité des noirs des Antilles, il est le second d'une famille modeste de six enfants.
Maire de Fort-de-France pendant 55 ans, il siégea également à l'Assemblée Nationale de 1945 à 1993.
Aimé Césaire et la "négritude"
A 18 ans, il arrive à Paris grâce à une bourse d'études et il y rencontre Léopold Sédar Senghor avec qui il fonde, en 1934, le concept de négritude. Léon-Gontran Damas, écrivain français de Guyane en est le troisième fondateur.
Aimé Césaire définit ainsi ce mouvement : « La négritude est la simple reconnaissance du fait d'être noir, et l'acceptation de ce fait, de notre destin de noir, de notre histoire et de notre culture ».
Pour plus d'information, cliquez ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude
Aimé Césaire et la poésie
En 1982, il donne une très belle définition de sa poésie : « La poésie, c'est pour moi la parole essentielle. J'ai l'habitude de dire que la poésie dit plus. Bien sûr, elle est obscure, mais c'est un « moins » qui se transforme en « plus ». La poésie, c'est la parole rare, mais c'est la parole fondamentale parce qu'elle vient des profondeurs des fondements, très exactement, et c'est pour ça que les peuples naissent avec la poésie. Certes, il m'est arrivé d'écrire des pièces de théâtre, des drames, des tragédies, mais pour moi ce sont des départements de la poésie. Par conséquent, au point où j'en suis et sans l'avoir fait exprès, sans l'avoir recherché, la poésie, pourrais-je dire, s'est imposée à moi. Il ne s'agit pas d'un retour après une infidélité, mais j'ai éprouvé très fort le sentiment de « m'exprimer » au sens très fort du terme, et cette expression se fait tout naturellement par le biais et par le moyen de la poésie ».
Voici les premiers vers de « Calendrier lagunaire » premier poème de « Moi, laminaire » qui montre la force évocatrice de la poésie du chantre de la négritude.
« J'habite une blessure sacrée
J'habite des ancêtres imaginaires
J'habite un vouloir obscur
J'habite un long silence
J'habite une soif irrémédiable
J'habite un voyage de mille ans
J'habite une guerre de trois cents ans
J'habite un culte désaffecté
Entre bulbe et caïeu j'habite l'espace inexploité »
Aimé Césaire est mort le 17 avril 2008. Le 20 avril, il a eu le droit à des obsèques nationales. Sur sa tombe, il a fait graver les trois derniers vers du « Calendrier lagunaire »
Retrouvez la bibliographie complète d'Aimé Césaire
http://www.babelio.com/auteur/Aime-Cesaire/12658
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